GÉNÉALOGIE DES FAMILLES :

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François FOURLINNIE (1915-1994)

TAHITI années 40 ET 60


























































François en 1935 dit au revoir à son frère PAUL EDOUARD et s'en va à Tahiti avec le navire école "la jeanne d'Arc".



Après de brillantes études, François et Paul-Edouard ont choisi la voie militaire. Chacun quitte le nid familial pour entamer une grande carrière dans l’armée de l’air, et dans l’aéronavale.

François débutera dans la marine par un traditionnel tour du monde à bord du navire école « Jeanne-d’arc » qui le conduira pour la première fois à Tahiti, en 1937.

































En 1940-1945 François commande dans le pacifique le navire de la marine nationale "Le Chevreuil.

Un équipage de 100 personnes le compose dont une grande partie de Tahitiens qui se battront pour la France.

Parmi ces Tahitiens  il y avait Maxime AUBRY



























La guerre faisait rage et François au commande du CHEVREUIL surveillait l'horizon.




Bientôt, ce sera la guerre et tout ce qu'elle compte d'engagements et de choix difficiles. Mon père participera comme enseigne de vaisseau à la campagne de Norvège(Namsos et Narvick), puis il optera sans hésiter pour les forces navales Française libres, en 1940. Il sera un des tout premiers à rejoindre le général Charles de Gaulle à Londres.

Le commandement de l'escorteur CHEVREUIL lui sera confié. Il naviguera sur ce navire pendant trois ans, d'abord en mer du Nord et dans l'atlantique, puis ce sera l'océan Pacifique.
































Le Chevreuil à quai à PAPEETE



Une trentaine de Tahitiens seront enrôlés pour servir à bord du bâtiment. Ils sont tous fiers, encore aujourd’hui, d’être français et d’avoir servi les intérêts de la nation. Les missions confiées à mon père le conduiront à sillonner les mers du sud pour défendre chaque île, parcelle de France. Il contribuera ainsi à rallier à la France libre les îles Wallis et Futuna, le 27 mai 1942. Ces îles étaient alors sous l'influence de Pétain et les Américains menaçaient de les occuper pour en faire une base de départ pour les offensives alliées dans le Pacifique.

Un peu plus tard, le CHEVREUIL ira jusqu'à Pearl Arbour avec son équipage Polynésien.





















































La guerre finie, quelques membres de l'équipage posent pour le souvenir


On reconnaît Maxime AUBRY, Tahitien ami de toujours, debout en haut à droite sous le drapeau de la France libre en 1945



Puis ce sera le retour en Europe ou il rejoindra, sur sa demande, le premier régiment de Fusiliers Marins pour participer activement au débarquement de Provence et à la campagne jusqu'au Rhin, pour repousser l’armée allemande, et contribuer à la victoire.






























Après la guerre , en 1950 François FOURLINNIE épouse Micheline VILLAR à AGADIR




En 1963-1965 François retourne avec sa femme et ses enfants à Tahiti pour occuper le poste de commandant de la Marine Nationale en Polynésie Française


De 1963 à 1965 François retourne avec son épouse et ses enfants à Tahiti pour occuper le poste de commandant de la Marine Nationale en Polynésie Française

Les amitiés tissées à chaque passage sont fortes et les liens demeurent vivaces sur ces îles où les Tahitiens n’étaient pas encore trop envahis par les travers de la modernité.

Année 1964 : première liaison aérienne régulière, 1965 : premiers feux tricolores à Papeete. C'est encore une époque bénie ou la vie avait un sens et ou les amitiés étaient bien réelles. Je me souviens des nombreux "Tamara"(repas polynésien) avec le four Tahitien préparé de main de maître par Maxime AUBRY, et qui permettaient à une trentaine de convives de se régaler à quelques pas d'une plage et d'un lagon exceptionnels.

































Maxime en haut au centre de la photo (soirée à PAEA)

François, pendant sa retraite restera 25 ans à Tahiti, Papara avec Micheline

Il recevra Eric à Papara




Le matin, avant les premières risées du vent de mer, au milieu du lagon, sur notre embarcation, il suffisait de ne plus bouger pour que la surface de l’eau disparaisse. Nous avions alors l’impression de nous maintenir en lévitation à trois mètres au-dessus du sable. Des poissons volaient sous la coque et entre les pâtés de coraux posés plus bas.

L’eau du lagon de PAEA, district de nos vacances et de nos fins de semaine, était tellement pure et cristalline, qu'en plongée c’était un émerveillement de chaque instant. Des anémones de mer aux couleurs chatoyantes, des poissons de toutes formes, des jeux de lumières sub-aquatiques, des oursins aux aiguilles fines et infinies, où ceux que l'on appelle oursins crayons, moins agressifs mais aussi beaux, tout forçait l’admiration et le respect pour le créateur de ces merveilles colorées.


























                    Hervé et Chantal sur le lagon de Paea (1964)



Chaque bloc corallien semblait un village sous marin à l’organisation impeccable où se répétait un modèle merveilleux : en dessous une ou plusieurs murènes noires, plus haut des anémones délicates et timides qui s’épanouissaient comme pour offrir un spectacle de lumières, et se rétractaient vite au premier frôlement. Au-dessus, des volutes, des boules, des plateaux de coraux finement dentelés, vivants, habités de petits nuages de poissons tout en finesse. Du jaune, du bleu, du rouge, de l’orangé, du noir, du blanc, tous les mélanges accordés avec une parfaite harmonie par dame nature.

Puis, en pleines eaux, des bancs de poissons plus gros ou plus long, parfois des poissons aiguilles ou trompette, par centaine, à peine dérangés par notre présence, à tel point que nous pouvions les approcher presque jusqu’au contact.

L’eau de mer était chaude et nous avions du mal à nous y rafraîchir. Il fallait nous baigner dans une des rivières proche pour trouver une vraie fraîcheur descendue tout droit de la montagne voisine.

Les farés, très souvent en matériaux traditionnels, se confondaient avec la nature préservée, au milieu de grands arbres très fournis. Les terrains bien entretenus n’étaient pas clos, à peine une petite ceinture de haies d’hibiscus. Nous habitions dans un jardin extraordinaire. Cocotier et "bouraou" au bord de l’eau, manguiers, papayers, avocatiers, bananiers, arbres à pain, au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la plage.

Parmi des oiseaux de toutes sortes, des "Vinis" tout petits, tellement délicats, apportaient, par quelques pépiements et bruissements d’ailes, la touche nécessaire pour bien apprécier le calme reposant des trois dimensions de notre paradis.































François et Micheline sur la barrière de corail de Paea




François, pendant sa retraite restera 25 ans à Tahiti, Papara avec Micheline

L’attachement à nos terres lointaines devait être puissant et la nostalgie pour ce bout de paradis incontrôlable pour que mes parents décident de passer le plus clair de leur temps à Paea, puis à Papara à 20 000km de l'Europe. Ils bâtiront un joli « Faré » sur la plage, face à l’océan, protégé dans un écrin montagneux, vert et fleuri.




























































































Pour bien marquer son retrait de la vie active et le début de la détente polynésienne, mon père décidera en 1976 de rejoindre Tahiti, au départ de Toulon, avec d’autres amiraux et anciens marins d’exceptions.

Ils seront accueillis à Papeete par Micheline son épouse et de nombreux amis. Ensuite, François se consacrera entièrement à ce monde merveilleux, troquant le pantalon pour un magnifique paréo rouge. Il visitera les îles, il méditera sur sa pirogue, dérivant doucement sur le lagon.. Il passera du bonheur de la contemplation au plaisir d’évoquer de beaux souvenirs avec ses amis fidèles. Il apprendra à parler le tahitien et fera des débuts prometteurs en musique avant de passer de nombreuses heures sur le parcours de Golf tout proche de sa résidence, où à peindre assis confortablement sur sa terrasse, face à l’océan, au milieu d’une nature luxuriante et fleurie.












































François à Tahiti en 1978














































Tahiti 1999.

Au revoir chargés d'émotion entre Maxime AUBRY et Hervé

à son retour pour la métropole,






































Tahiti 2000 .

Naissance de Valentin, Petit-fils de François, qui porte le prénom Tahitien : RAINUI (Grand ciel) prénom donné en l'honneur de l'amitié qui unit la famille FOURLINNIE depuis 1935 à la Polynésie et à la famille Tahitienne AUBRY.




Hervé FOURLINNIE (hfln@aol.com)